La décadanse

Pleasure Principle (Born Bad Records)

Le Poulpe

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• Pleasure Principle (Live - BORN BAD RECORDS )
Pleasure Principle se situe quelque part dans les limites d’un triangle formé par Francis Bebey, Add (n) To X et Ludwig Von 88 ; c’est une course solitaire vers l’extérieur, une ode à la fuite en avant, un moyen de s’échapper dans l’attente paisible du grand flash libérateur.
Projet solo de Speedy de Bryan’s Magic Tears, rejoint par des membres de Villejuif Underground, Rendez-Vous, Quetzal Snakes, Belmont Witch... le disque débarque chez Born Bad!
shop.bornbadrecords.net

Je vais dire « Je » parce que je crois que je suis incapable d’écrire sur ma musique autrement qu’à la première personne. Je joue de la batterie depuis que j’ai quinze ans et j’ai toujours eu des groupes depuis. Même si j’y toujours contribué artistiquement, à différents degrés, ma latitude d’action, d’un point de vue créatif, a toujours été bridée par le fait que je sois batteur. Comme beaucoup de gens, j’ai appris à jouer très approximativement de la guitare et du clavier, et j’ai passé des années à ressasser des obsessions et des motifs récurrents, dans ma chambre et dans ma tête, sans rien faire de ça, et en sachant que même si j’étais et suis toujours extrêmement impliqué dans mes groupes passés et présents (Skategang, La Secte du Futur, Marietta dans une moindre mesure, et Bryan’s Magic Tears), la musique qu’on faisait ne me représentait qu’assez partiellement. J’ai toujours écouté énormément de reggae, de dancehall, de musique du Ghana, du Nigéria, du Congo, et globalement de la musique qui se base plus sur la répétition et l’intention que sur la composition, et c’est quelque chose que j’avais jamais vraiment pu développer là-dedans.

En 2015 mon frère et ami Benjamin Dupont, l’humain qui se cache derrière Bryan’s Magic Tears, a emménagé dans ma colocation / arche de Noé du 35 rue Clignancourt, dans le 18e, et c’est lui qui a tout débloqué en me montrant comment m’enregistrer tout seul ; et un matin de septembre, allongé sur le dos, j’ai vu la lumière.

C’est vraiment un monde nouveau qui s’est ouvert à moi, je me suis mis à enregistrer à un rythme assez intensif, en me laissant simplement porter par ce que j’avais dans la tête et dans les doigts depuis des années ; j’ai accumulé beaucoup de matériel dont une grande partie de bouts de morceaux inachevés, et j’ai essayé – j’essaie encore – de comprendre moi- même où je voulais en venir et d’apprendre à systématiser et à canaliser mes obsessions pour en faire quelque chose de personnel.

Le fait d’enregistrer beaucoup, sans contrainte de format ni de groupe ni d’attentes quelconques, en me laissant totalement porter par ce qui sortait sur l’instant, ça m’a permis de me donner un certain aperçu de moi-même ; je ne fais pas partie des gens qui composent de la musique en ayant une idée de là où ils veulent aller, mais à force de répéter l’exercice, un truc cohérent finit par se dessiner. Je dirais que ça oscille, pour la musique, entre krautrock synthétique, dancehall lo-fi, Manchester sound enregistré avec des jouets, rock à la Velvet et Memphis rap pour enfant ; et entre Les Négresses Vertes et Julien Gracq pour les textes. J’écris toujours la base de mes textes sans musique, et j’y accorde beaucoup d’importance ; le français est devenu évident parce que j’ai envie de dire quelque chose de vrai et que j’en serai incapable autrement – même si le texte de « The Fur » est en anglais, mais c’était pour séduire une fille (ça n’a pas marché), et ça ne se reproduira plus. C’est mon amie Paula, de J.C. Satan et Succhiamo, qui chante sur « Mariposa » et « Venera 16 », parce que je n’avais aucune idée de quoi faire là-dessus ; je lui ai envoyé les morceaux et elle a chanté dans son téléphone, c’était génial alors on l’a enregistré.

Ce premier album, c’est un espèce de best-of des années 2015 à 2018, les chansons qui tenaient le mieux debout, celles sur lesquelles j’avais du texte, les brouillons les mieux achevés, en gros. Je dois son existence à mes amis du micro- label Megattera qui, à force d’entendre mes chansons chez moi la nuit, ont décidé les premiers de les sortir confidentiellement en cassette ; sans eux, elles seraient encore dans mon disque dur. Sous le charme, Born Bad Records confie alors à Olivier Demeaux de Cheveu/ Heimat la mission de mixer les « meilleurs » morceaux pour leur donner le lustre qu’ils méritent et faire de ces quelques titres foutraques et éparses un album à part entière. Adam Karakos, du Villejuif Underground, Guillaume Rottier, de Rendez-Vous, Nikolaj Boursniev, de Quetzal Snakes, et Milia Colombani, qui joue dans la moitié des groupes de Paris.
21:30
Signaler une erreur Ajouté par michel le 8 février 2020
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